Le ruban et l’acier
Les élites économiques de la région stéphanoise au XIXe siècle (1815-1914)
Une étude de la région stéphanoise au XIXe siècle, période à laquelle elle est écartelée entre deux facteurs économiques contradictoires : d’un côté la rubannerie, mise en place dès l’Ancien Régime, métier d’art délicat qui privilégie la qualité ; et de l’autre l’industrie métallurgique en pleine conquête des marchés, associée à la cacophonie des machines et à la crasse du charbon. L’ouvrage expose le climat social et politique de l’époque et retraçant la généalogie des grandes familles de l’élite stéphanoise.
Éditeur : Presses universitaires de Saint-Étienne
1ére édition
Collection : IERP
Thème : Histoire - géographie - archéologie
Auteur(s) : Verney-Carron Nicole
Langue : français
Sortie prévue le 15/10/2020
Prix TTC : 22,00€
EAN : 9782862727271
ISBN : 978-2-86272-727-1
Dimensions : 160 x 240 mm.
Nombre de pages : 448
Fils d’un fabriquant de ruban, Jean Guitton a ressenti la dichotomie qui caractérisait Saint-Étienne : « J’ai émergé au milieu du travail des hommes et des femmes qui fabriquaient le ruban frivole, et non loin de ces puits de mines où des hommes noirs descendaient dans les entrailles de la terre pour en tirer le charbon, ce soleil accumulé dans le végétal. Le travail pour le futile et le travail pour le nécessaire, dans la ville étaient entrelacés. » La cité a en effet été écartelée entre deux facteurs économiques contradictoires : une production textile à structure dispersée, mise en place dès l’Ancien Régime, métier d’art qui privilégie la qualité sur la quantité, puise sa force et sa légitimité dans son ancienneté et la richesse de ses traditions ; une industrie métallurgique très concentrée, obligée de partir à la conquête des marchés dans un contexte souvent difficile, préoccupée de l’avenir, innovante dans tous les domaines. Tout semble donc opposer le patronat du ruban et celui de l’acier : leur mentalité de chefs d’entreprise, leur gestion de la main-d’œuvre, leur position vis-à-vis du libre-échange, leurs engagements politiques, leurs pratiques religieuses et jusqu’à leurs stratégies matrimoniales. Les élites stéphanoises sont-elles restées prisonnières de ces contradictions ou ont-elles su fusionner ?
Fils d’un fabriquant de ruban, Jean Guitton a ressenti la dichotomie qui caractérisait Saint-Étienne : « J’ai émergé au milieu du travail des hommes et des femmes qui fabriquaient le ruban frivole, et non loin de ces puits de mines où des hommes noirs descendaient dans les entrailles de la terre pour en tirer le charbon, ce soleil accumulé dans le végétal. Le travail pour le futile et le travail pour le nécessaire, dans la ville étaient entrelacés. » La cité a en effet été écartelée entre deux facteurs économiques contradictoires : une production textile à structure dispersée, mise en place dès l’Ancien Régime, métier d’art qui privilégie la qualité sur la quantité, puise sa force et sa légitimité dans son ancienneté et la richesse de ses traditions ; une industrie métallurgique très concentrée, obligée de partir à la conquête des marchés dans un contexte souvent difficile, préoccupée de l’avenir, innovante dans tous les domaines. Tout semble donc opposer le patronat du ruban et celui de l’acier : leur mentalité de chefs d’entreprise, leur gestion de la main-d’œuvre, leur position vis-à-vis du libre-échange, leurs engagements politiques, leurs pratiques religieuses et jusqu’à leurs stratégies matrimoniales. Les élites stéphanoises sont-elles restées prisonnières de ces contradictions ou ont-elles su fusionner ?