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Expérience et intention

Le philosophe Michel Guérin, auteur de Qu’est-ce qu’une œuvre ? (1986) et du Temps de l’art (2018), se confronte à nouveau au problème de la création. Cette fois le processus créatif est abordé à travers la relation – où le conflit et la solidarité négocient un équilibre tendu – entre l’expérience (attestant le réel) et l’intention de l’artiste qui vérifie la ténacité du désir.

Éditeur : Provence (Presses Universitaires de)
1ére édition
Collection : Arts
Thème : Arts - esthétique
Auteur(s) : Guérin Michel
Langue : Français

Paru le 17/Sep/2020

Prix TTC : 26,00€
EAN : 9791032002766
ISBN : 979-10-320-0276-6

Dimensions : 170x220 mm.
Nombre de pages : 370

CLIL : 4521 Esthétique philosophie de l'art

Michel Guérin s’attaque dans ce livre au problème de la création. Les exemples sont pris dans le domaine de l’art, mais l’analyse vaudrait pour toute forme de création, pourvu que, de la confrontation d’une intention et de l’expérience, résulte une oeuvre.
L’intention, ainsi que le désir ou le vouloir qui lui donnent sa tension propre, renvoient à ce qui se passe à l’intérieur, tandis que l’expérience implique l’existence du monde extérieur. Entre les deux pôles se joue une négociation qui n’est pas un compromis, mais un ajustement. L’oeuvre est d’autant plus libre qu’elle dit quelque chose du réel.

Créer suppose la réunion de deux sortes de savoir : commencer et continuer. Une condition indispensable pour la création est d’abord qu’elle soit voulue, résulte d’une intention vive. Cette dernière situe au plus loin du vœu pieux ou de la chimère, car il lui faut composer, sans rien céder d’essentiel, avec des conditions souvent imprévisibles. Ce n’est qu’à ce prix qu’une création touche le réel et satisfait ensemble à deux partis pris : celui de la liberté et celui des choses. L’expérience est une traversée qui enseigne la limite et sa transgression. L’esprit aussi bien que le cœur, voire le corps lui-même, ont à se frotter à une extériorité multiple. L’intention qui préside à l’acte créateur, loin d’être figée comme un a priori, ressemble à un axiome souple apte à s’infléchir sans perdre sa ténacité. L’intentionnalité se reconnaît, trempée par l’expérience, à son art de serpenter. La création est une négociation, mais pas un compromis. Ni le réel n’admet d’être dénié, ni le vouloir d’être rogné. C’est ce que s’efforcent de rendre manifeste six chapitres, six accès au problème : par l’origine, par l’émotion, par l’expérience, par le jeu, par le médium, par le lieu enfin, demeure de l’œuvre.