L’Art à la limite
vs la résistible ascension du social
Et si la consécration de la limite – qui n’est rien moins aussi que la mise sous surveillance des pratiques artistiques – annonçait l’agonie de l’art ?
Éditeur : Presses universitaires de Provence
1ére édition
Collection : Incertains regards
Thème : Arts - esthétique
Sous la direction de : Butel Yannick
Langue : français
Sortie prévue le 03/12/2026
Prix TTC : 15,00€
EAN : 9791032006528
Dimensions : 230 x 230 mm.
Nombre de pages : 120
Et si la consécration de la limite – qui n’est rien moins aussi que la mise sous surveillance des pratiques artistiques – annonçait l’agonie de l’art ?
L’expression « À la limite » s’impose pour ce nouveau numéro puisqu’elle entretient avec la longue histoire de l’art un lien contigu. Les limites, appliquées à l’art, sont pour partie une manière d’entretenir un « être ensemble ». Elles viennent soutenir le souci politique du « vivre ensemble ». En ce sens, la limite sert le compromis et le consensus qui favorisent un monde apaisé. Il y aurait ainsi entre la limite en art et la société la promotion d’un goût qui procède, in fine, du « bon goût » poli, lisse, « passe-partout » en quelque sorte. Artiste et politique s’entendraient sur un style (soumis aux mœurs de l’époque), fond et forme réfléchissant cette protection contre l’obscène qu’évoque Dany-Robert Dufour quand il commente la pratique artistique dite « postmoderne ». Soit un style apprivoisé. Et de penser que ce « fonctionnement », où le respect de la limite inscrit l’artiste dans la dette (le « je dois » de l’artiste ayant pour extension le « tu me dois » de la société) induit, selon Gilles Deleuze, « une doctrine du jugement ». Ainsi, avec la consécration de la limite assisterait-on, non pas à la mort mais à l’agonie de l’art : ses formes moribondes ou « la résistible ascension du social ! ». Or, nous devons à Roland Barthes d’avoir autopsié le « style » qui peut être appréhendé comme un rapport entre une norme et un écart. La moelle de ce numéro, c’est donc « l’art-écart ». Cet art qui dépasse les bornes. Qui donne des sueurs froides au point de frôler « l’art-écart-diaque ».